Serafin Fanjul : Al Andalus, l’invention d’un mythe – La réalité de l’Espagne des Trois cultures

Certains travaux du grand arabisant espagnol S. Fanjul sur Al-Andalous, qui suscitèrent de très vifs débats dans son pays natal, viennent enfin d’être publiés en France sous le titre « d’Al Andalus, l’invention d’un mythe ».

Ce volume réunit la traduction de deux ouvrages publiés en espagnol : Al-Andalous contre l’Espagne et La Chimère d’Al-Andalous.

L’auteur déconstruit, pour reprendre un mot dont nos adversaires usent et abusent, méticuleusement ce mythe forgé au XIXème siècle, dans les milieux libéraux, pour vilipender l’Espagne traditionnelle, utilisé aujourd’hui par les partisans de « multiculturalisme » et du « vivre-ensemble » pour noircir et criminaliser toute l’histoire de l’Europe.

Chacun connaît les grands traits de ce mythe, qui continue d’être enseigné à l’école ou diffusé dans la culture populaire, par le cinéma, les romans « historiques » ou la bande dessinée : L’Hispanie conquise au VIIIème siècle par quelques dizaines de milliers de guerriers arabes et berbères venus d’Afrique du Nord aurait donné naissance à une civilisation inédite et brillante, à laquelle aurait coopéré « les trois religions du Livre ».

Pour les thuriféraires du cosmopolitisme, pour ceux qui souhaitent le Grand remplacement, il faut absolument préserver la légende d’un idyllique Al-Andalous. C’est sans doute la raison pour laquelle il a fallu attendre plus de dix-sept ans la publication en France des travaux de Fanjul, et encore le livre est-il sorti chez un petit éditeur.

Or, la « réalité historique de l’Espagne des trois cultures » est fort éloignée de cet Éden du métissage racial et culturel.

Les chrétiens qui refusaient de se convertir à l’Islam, étaient soumis à d’innombrables brimades et pressurés d’impôts, quand ils n’étaient pas purement et simplement massacrés.

Quant à ceux des envahisseurs qui se laissaient finalement tenter par les cultures indigènes et donc hispaniser, ils étaient systématiquement supplantés, détrônés et eux aussi massacrés, par des tribus plus rigoristes franchissant le détroit du Djebel Tarek (Gibraltar).

Le fameux « vivre-ensemble » tant célébré ne fut en définitive qu’une cohabitation indifférente ou hostile. Et enfin non, les Morisques n’étaient pas des Espagnols et ne voulaient pas l’être. Une leçon que devraient méditer tous les idiots qui appellent à la création d’un Islam à la française.

La thèse principale de l’auteur consiste à prouver qu’Al-Andalous n’avait rien à voir avec le monde occidental, en train de naître et de connaître ses premiers développement, mais qu’elle était tout entière immergée dans le monde islamique. Ce fait est nié par les inventeurs du mythe de la cohabitation entre les Trois cultures, ce qui les empêche de comprendre la réalité d’Al-Andalous, qui n’était en définitive qu’un morceau d’Afrique en terre européenne.

L’auteur qui possède une connaissance intime de la culture espagnole, mais aussi arabe, démontre justement, preuves à l’appui, que l’Espagne, et par conséquent le reste de l’Europe, ne doivent presque rien aux envahisseurs maures.

Non, ce n’est pas aux Maures qu’on doit le flamenco, ni la corrida, ni les mantilles, ni l’œil noir des Sévillanes. Quant aux merveilles architecturales du Sud de l’Espagne, ces mosquées et palais somptueux, elles ont été, pour la plupart, édifiées par des espagnols ou des esclaves européens razziés, qui possédaient de solides connaissances architecturales héritées de Rome ou des Wisigoths. La cuisine espagnole doit, elle aussi, bien plus à la symbiose romaine et à la découverte de l’Amérique qu’aux Arabes. Quant à la langue espagnole, elle n’a pas emprunté plus de mots à l’arabe qu’au français.

Un livre à lire contre le bourrage-de-crâne permanent. Je tiens cependant à vous prévenir que la lecture de cet ouvrage est exigeante. Outre la taille du livre, plus de 700 pages, il s’agit d’une publication de type universitaire, avec de nombreuses notes et de longs développements historiographiques, qui pour passionnants qu’ils sont, risquent de décontenancer le profane.

Al-Andalus, l’invention d’un mythe. La réalité historique de l’Espagne des trois cultures – Serafin Fanjul – L’Artilleur, 2017, 736 p., 28 euros.

Source : Blanche Europe

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Catégories :Espagne, Mémoire identitaire

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