Monsieur Macron, il est temps de mettre fin aux menaces de la Turquie islamiste contre Chypre

Le culot du gouvernement islamiste d’Ankara n’a aucune limite. Et cela est avant tout de la faute des Européens. Non content d’occuper militairement, depuis 1974, une partie du territoire d’un Etat devenu membre de l’Union européenne ; non content de refuser de reconnaître l’Etat chypriote membre de cette même Union européenne à laquelle le gouvernement turc prétend pourtant adhérer ; non content de violer la résolution de l’ONU qui ne reconnaît pas le gouvernement fantoche installé par Ankara dans le nord de l’île ; non content d’y maintenir un contingent de 35.000 militaire qui n’est rien d’autre qu’une force d’occupation ; non content de développer une politique de colonisation afin que le nord de l’île soit occupé majoritairement par des Turcs d’Anatolie ; non content d’y détruire le patrimoine culturel et religieux des chypriotes grecs, voilà désormais que le gouvernement islamiste de Turquie prétend interdire au gouvernement légitime de Chypre d’exploiter ses ressources gazières dans sa zone d’exclusivité maritime !

En effet, depuis le 09 février la marine turque a bloqué une plate-forme de forage affrétée par la compagnie pétrolière italienne ENI et lui a ordonné de faire halte sous le prétexte de manoeuvres militaires. La plate-forme devait rejoindre le bloc 3 (voir carte, cliquez dessus pour l’agrandir). Le président chypriote, qui n’est pas en mesure à lui tout seul de s’opposer à l’armée turque, préfère temporiser :  » Nous essayons d’éviter tout ce qui pourrait aggraver la situation, sans ignorer le fait que les actions de la Turquie bafouent le droit international ». Car l’exploration des ressources gazières le sont en toute souveraineté puisqu’elles sont effectuées dans la zone exclusive économique de la république chypriote (voir carte). La Turquie n’a aucun droit sur cette zone et encore moins le droit d’empêcher Chypre d’y mener son exploration en utilisant la force militaire.

Ce qui n’empêche pas le ministère turc des Affaires étrangères de faire preuve d’un cynisme hors norme en dénonçant sans rire les actions « unilatérales » de Chypre qui, selon lui, bafouerait « les droits des Chypriotes turcs, copropriétaires de l’île, sur ses ressources naturelles ». Pour bien mesurer toute l’étendue de l’hypocrisie de cette déclaration il faut insister sur le fait que la communauté internationale s’est à plusieurs reprises exprimée au sujet de la question chypriote, condamnant l’invasion et exigeant le retrait des forces d’occupation, dans une série de décisions et résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations Unies, du Parlement européen, du Conseil de l’Europe, du mouvement des non-alignés et des Etats membres du Commonwealth. Seul Ankara reconnaît le régime fantoche du nord de Chypre. Celui-ci n’a donc aucun droit sur les ressources naturelles de l’île car il est tout simplement illégitime.

Que va-t-il se passer désormais ? Les manoeuvres militaires de la marine turque doivent se terminer le 22 février. Le gouvernement chypriote et la compagnie ENI ont fait savoir qu’ils étaient résolus à poursuivre l’exploration des ressources gazières. D’ici là, la tension risque de monter. Mais ce qui est parfaitement incompréhensible et inadmissible c’est le silences des Etats européens devant ce nouveau coup de force de l’autocrate islamiste de Turquie. Le président français Emmanuel Macron a cette semaine prétendu jouer les gros bras à l’encontre du régime syrien en déclarant qu’il était prêt à intervenir militairement, unilatéralement si besoin, si jamais il avait la preuve de l’utilisation par les forces syriennes d’armes chimiques. En revanche, il semble que la Turquie puisse occuper illégalement le territoire d’un Etat membre de l’Union européenne, violer sa souveraineté maritime et utiliser la force militaire pour menacer ses intérêts économiques sans que cela ne suscite la moindre réaction de l’Elysée. Cela n’a que trop duré. Cela doit cesser. Rapidement. Les Européens doivent stopper l’islamiste d’Ankara et cette résistance doit commencer à Chypre.

D.B.

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Catégories :Nord de Chypre, Territoires européens sous occupation turque

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