Les deux piliers de la future défense européenne : quitter l’OTAN et stopper les exportations d’armes vers les ennemis de l’Europe

L’Europe a besoin de créer une véritable politique de défense commune lui permettant à l’avenir de juguler les nombreuses menaces à ses frontières (migration, terrorisme, chaos moyen-oriental, provocations de la Turquie, occupation du nord de Chypre, etc…). Cela va nécessiter des hommes et des femmes courageux et pugnaces. Car, hormis les Européens, personne n’a véritablement intérêt à ce que la défense européenne commune voit le jour. Jeudi dernier, le secrétaire américain à la défense, James Mattis, a été particulièrement clair à ce sujet : « La défense commune est une mission pour l’OTAN, et pour l’OTAN seule« . Ce à quoi le secrétaire de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, a surenchéri lors de la conférence sur la sécurité à Münich, ce week-end : « Je salue les efforts des Européens, mais les chances vont de pair avec les risques. Les risques, c’est l’affaiblissement du lien transatlantique, c’est la discrimination des membres qui ne sont pas membres de l’UE. L’UE ne peut pas défendre elle-même l’Europe« . On ne saurait être plus clair. Les patriotes européens apprécieront…

Alors il y aurait bien une alternative à proposer à l’administration américaine. Mais je doute que cela satisfasse les protagonistes de l’Etat-profond aux Etats-Unis qui sont des mondialistes cosmopolites. Il s’agirait de proposer le maintien des pays européens dans l’OTAN en échange de l’intégration de la Russie à l’Alliance Atlantique et à l’Union européenne. En échange de quoi il serait demandé à la Russie une véritable évolution démocratique. Ce qui était la volonté de Vladimir Poutine, on l’a oublié, lors de son arrivée au Kremlin avant que son pays ne soit rejeté dans une logique du guerre froide par l’administration Bush et les néfastes néo-conservateurs qui l’accompagnaient. Il ne resterait plus qu’à obtenir le départ de la Turquie de l’OTAN afin d’obtenir une défense européenne conforme à la défense de ses intérêts. Mais tout cela n’est aujourd’hui qu’un rêve. Une chimère. Il serait déjà extraordinaire que les Européens se décident à porter leur couilles et assument eux-mêmes une politique de défense à l’échelle du continent en dépit de l’hostilité de ses partenaires outre-Atlantique. Au passage, on notera que cela démontre une nouvelle fois la fracture entre un président, Donald Trump, qui souhaite que les Etats-Unis ne soient plus les gendarmes du monde et se désengagent progressivement en Europe, et un Etat profond carrément hostile à cette volonté présidentielle. Il est malheureusement à craindre que le second ne l’emporte sur le premier.

Mais l’hostilité de certains pays n’est pas le seul obstacle à surmonter, même si il est primordial. Encore faut-il que les Européens s’accordent sur la définition d’une politique européenne de défense. A commencer par le couple franco-allemand. Prenons un exemple pratique. Français et Allemands ont décidé de construire en commun des avions de chasse ainsi qu’un char de combat, le « Kant ». Les industries allemandes et françaises coopéreraient afin de mutualiser leurs efforts. Tout cela est très bien. Mais si on veut que nos industries de l’armement puissent prospérer il est vital qu’elles puissent exporter. Le marché national ou européen étant insuffisant. Cependant, l’exportation des armes est soumises à des règles drastiques en Allemagne. Bien différentes des normes françaises. Or qui dit programme en commun, dit règles communes. Y compris pour l’exportation. A quoi bon construire un char si notre industrie ne peut pas l’exporter ? On a déjà suffisamment de problème avec le rafale non ? Autrement dit, il va falloir accorder les violons. Une solution pourrait être de refuser d’exporter nos armements à des pays qui nous sont résolument hostiles (Turquie par exemple) ou qui ne s’engagent pas résolument contre l’exportation de l’idéologie islamiste dans le monde (Arabie Saoudite) ou le soutien aux groupes djihadistes (Qatar, etc…). Cela permettrait non seulement de pratiquer une véritable politique conforme à nos intérêts géopolitiques mais aussi conforme aux critères de l’Allemagne qui rechigne désormais à exporter vers des pays qui bombardent les populations civiles comme cela se passe aujourd’hui en Syrie ou au Yémen. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve qu’il s’agit souvent des mêmes pays.

D.B.

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