« La Grèce est très près d’un accident mortel avec la Turquie »

(…) Pános Kamménos, ministre de la Défense grec, a accordé, pour la première fois, un entretien à la presse française (…)

Comment expliquez-vous la multiplication des incidents avec la Turquie ?

La Turquie exerce une véritable pression sur la Grèce. En un an, les violations des eaux territoriales ont augmenté de 450 %. Celles de l’espace aérien de 48 %. L’explication tient à la situation en Syrie et au conflit avec les Kurdes. Les Turcs sont confrontés à de nombreux problèmes dans l’enclave d’Afrin et tentent d’exporter les tensions vers la Grèce.

L’armée turque a repris des manœuvres militaires près de la frontière sur le fleuve Evros…

Oui, et comme tous les ans ! Mais là, elles visent surtout à confirmer sa présence au nord et en mer Egée car 40 % des forces turques habituellement positionnées sur le fleuve Evros ont été transférées en Syrie. Nous sommes bien plus inquiets des attaques verbales réitérées par des politiques turcs, à l’instar du premier d’entre eux, le président Erdogan. Ils utilisent les tensions avec la Grèce à des fins de politique interne. Nous, nous cherchons à apaiser ces tensions. Nous préférons la Turquie européenne à une Turquie islamique. C’est pourquoi nous soutenons son adhésion à l’UE.

Vous évoquez des «fins de politique interne». Aucun risque que les tensions dégénèrent ?

Au contraire ! Nous sommes très près d’un accident mortel. Quand l’espace aérien est violé, nous envoyons nos avions afin qu’ils escortent les avions turcs hors de notre espace. Nous sommes alors forcément à la merci d’un accident qui peut, à tout moment, s’étendre aux garde-côtes, à la marine… En violant les eaux et l’espace aérien grecs, donc européens, Ankara essaie aussi de faire pression sur l’Europe. C’est la raison pour laquelle nous tenons les alliés européens et l’Otan informés de chaque événement. Nous sommes obligés de défendre notre territoire, non seulement pour la Grèce mais aussi pour l’Europe (…)

Autre point de tension, les forages de gaz au large de Chypre, que les Turcs ont bloqués. Quelles sont leurs ambitions dans cette zone de la Méditerranée ?

Chypre est un pays européen qui maîtrise sa politique énergétique. En tant qu’allié européen des Chypriotes, nous constatons que la Turquie voudrait se comporter à Chypre et en mer Egée comme elle le fait en Syrie et en Irak. Mais Chypre et la Grèce ne sont pas des pays du Moyen-Orient. Nous respectons les lois internationales et demandons que la Turquie fasse de même, qu’il s’agisse des lois maritimes, sur l’énergie etc. Ce problème dépasse d’ailleurs Chypre et la Turquie. Il concerne tous les pays dont les compagnies énergétiques ont signé des accords avec Chypre pour l’exploitation du gaz naturel, c’est-à-dire la France, les Etats-Unis, l’Italie et Israël. Ils ont le droit de protéger leurs investissements (…)

Source : Libération

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Catégories :Grèce

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