(Màj) Mayotte : quand le romantisme politique mène à la catastrophe

Le romantisme en politique est une catastrophe. Il tend à transformer la réalité afin de la faire coller à l’idéologie que l’on veut défendre. C’est exactement ce qui se passe avec l’île de Mayotte. De nombreuses personnes, que l’on peut qualifier de droite, présentent ce confetti de l’ex-empire colonial français comme une terre sur laquelle vivent des hommes et des femmes avec un patriotisme chevillé au corps. La bonne blague… qui fera rire tout métropolitain qui aura eu la chance, ou la malchance, de passer quelques années dans cet endroit.

Tout d’abord il faut savoir pourquoi Mayotte est restée française à la différence des autres îles comoriennes. En effet, en 1974, la France organise, sur l’ensemble de l’archipel des Comores, un référendum pour décider d’une éventuelle indépendance, mais les Mahorais votent pour le maintien au sein de la République française. Un second référendum est organisé uniquement à Mayotte en 1976, qui confirme ce choix. A cela trois explications. Bien loin du romantisme d’habitants amoureux de la France.

– Lorsque les référendums sont organisées, nous sommes en pleine guerre froide. La France ne pouvait pas s’opposer à l’autodétermination et à l’indépendance des Comores puisqu’à la différence de Mayotte, elle n’y exerçait qu’un protectorat sous tutelle des Nations unies. Or, Mayotte occupe alors une position stratégique majeure permettant de contrôler le Canal du Mozambique. Les Etats-Unis s’inquiètent de la volonté de rapprochement des Comores avec l’URSS. Pour l’Amérique, il est vital que la France garde le contrôle de Mayotte afin de verrouiller cette position stratégique. Cela sera chose faite. Car le double référendum est une pitrerie ne respectant nullement les canons démocratiques. Aujourd’hui, un tel référendum s’apparenterait à la pratique d’une république bananière. Il faut en effet savoir qu’à l’époque la très grande majorité des habitants de l’île était totalement analphabète. C’est pourquoi il y avait des bulletins de deux couleurs différentes pour exprimer son choix. Toutes les manipulations étaient possibles. Le second référendum de 1976, qui voit la population voter pour le maintien dans la République française à 99,4 % !!!, est d’ailleurs condamné par la résolution no 31/4 du 21 octobre 1976 de l’Assemblée générale des Nations unies, considérant ce référendum comme nul et non avenu. Pour rappel, la France impose aujourd’hui des sanctions à la Russie pour un référendum autrement moins douteux en Crimée…

– L’île était alors contrôlée, politiquement et économiquement, par les créoles qui avaient tout intérêt à ce qu’elle reste dans le giron de la République française.

– Enfin, il faut savoir que Mayotte a toujours été la mal aimée des Comores. Le territoire servant même de réservoir d’esclaves pour les trois autres îles avant l’arrivée de la France. Dans ces conditions, on peut aisément comprendre que les Mahorais n’étaient nullement pressés de se retrouver embarqués dans une indépendance avec leurs « frères » comoriens.

Bref, Mayotte est restée française. Cela aurait pu n’être qu’une simple péripétie. Après tout, qui connaissait l’existence de cette île en France ? Peu de monde en vérité. Lors du second référendum la population était de 47.000 habitants. Pour une superficie de 374 km2. Cela était vivable. Sauf que… les Comores vont tomber dans l’anarchie politique et la misère économique. L’indépendance de ces trois îles est un véritable désastre qui va alimenter une immigration massive vers… Mayotte qui fait figure d’eldorado aux yeux de cette population. Si vous ajoutez à cela la démographie galopante des Mahorais, en 2016 le taux de fécondité s’élève à 5,01 enfants par femme, l’un des plus élevés au monde, la situation devient vite ingérable. En 2017 la population était officiellement estimée à 256.00 habitants dont la moitié avait moins de 18 ans !!! Dans une île de 374 km2 où les débouchés économiques sont dérisoires par rapport à cette jeunesse nombreuse, nul besoin d’être un expert pour comprendre que la situation social est un baril de poudre.

Mais, il y a un responsable à tout cela. Le romantisme de nos imbéciles si peu éclairés. Car se sont eux qui ont validé le désir des Mahorais, en 2011, à devenir un département. Pour qui avait vécu, ne serait-ce que quelques mois à Mayotte, il savait que c’était surtout la CONNERIE à ne pas faire ! Car dans ce territoire à 95% musulman, où le voile est accepté dans les écoles, l’excision et la polygamie tolérées, le véritable attachement de la population à la France se résumait en vérité au confort économique et sociale qu’elle lui apportait au regard de la tragédie qui se passait aux Comores. Ce qui sur un plan humain est parfaitement compréhensible. Alors vous pensez, la départementalisation avec ses prestations sociales ne pouvait être accueillie qu’à bras ouverts par cette population. Et nos abrutis de romantiques, qui y voyaient du patriotisme, leur accordèrent ce statut avec tous les avantages y afférents et viennent désormais s’étonner d’une immigration massive en provenance des Comores. Bravo messieurs. Mais cela ressemble beaucoup au syndrome du pompier pyromane. Le romantisme c’est beau, c’est bien, mais uniquement en littérature ou en peinture.

D.B.

14 mars, mise à jour : On entend souvent dans nos médias que Mayotte est le département français qui compte le plus d’étrangers et que parmi ses 256.000 habitants, la moitié n’est pas née sur l’île. C’est exact. MAIS, car il y a un mais, cette présentation sert souvent à occulter la bombe démographique propre à Mayotte qui avec plus de 5 enfants/femme possède l’un des taux de natalité les plus élevés au monde. Cependant, comme ces enfants sont Français, une partie de cette démographie est absorbée par la métropole. Il suffit de se rendre notamment à Marseille pour le savoir. On assiste donc à un double phénomène de vases communicants : une partie de la démographie galopante mahoraise est absorbée par la métropole tandis que Mayotte absorbe une partie de la démographie galopante du reste des Comores.

Publicités


Catégories :France

%d blogueurs aiment cette page :