Vladimir Poutine, les oligarques et les pauvres

Dans un précédent article j’ai évoqué l’indécence sans limite des journalistes français concernant les commentaires sur les résultats de l’élection présidentielle en Russie. Mais l’indécence n’est pas le seul mal qui les ronge. La mauvaise foi est sans doute un mal tout aussi prégnant chez eux. Prenons un seul exemple, mais quel exemple, toujours chez le prétendu quotidien de référence de la presse nationale. Accrochez-vous car il faut le lire pour le croire. Voici la conclusion de l’éditorial du « Monde » en date du 20 mars 2018.

« Il s’est également engagé à réduire de moitié un taux de pauvreté « inacceptable » ; sans pour autant dire comment. Maintenant qu’il a grassement nourri les oligarques et ses amis politiques, il lui reste à nourrir son peuple. »

Je vous avais prévenu, c’est du lourd. Cette conclusion s’apparente à un hommage à une célèbre maxime de Michel Audiard. Mais au-delà, quel mépris pour le peuple russe que de croire qu’il serait assez stupide pour réélire un président qui le laisserait mourir de faim. Quelle méconnaissance abyssale de l’histoire et de la réalité russe. Comment peut-on écrire une telle énormité ? Et comment peut-on être d’une telle mauvaise foi ?

Lorsque Vladimir Poutine arrive au pouvoir au tournant du siècle, le PIB par habitant de la Russie a été quasiment divisé par deux en une décennie sous l’ère de Boris Eltsine, le chouchou des Occidentaux. Tous les indices économiques étaient au rouge vif. L’universitaire américain Stephen Cohen avait alors parfaitement résumé la situation : « Jamais dans l’Histoire on aura vu une telle destruction économique en temps de paix. » Voilà qui pouvait sans doute ravir les Etats-Unis mais certainement pas le peuple russe. Aujourd’hui, après 18 années de présidence de Vladimir Poutine, la Russie figure au sixième rang mondial selon le FMI en parité de pouvoir d’achat. Si aujourd’hui 20 millions de Russes vivent sous le seuil du taux de pauvreté, ce qui bien entendu est énorme, faut-il oublier pour autant qu’en 1999 près de 30 % des Russes vivaient sous ce même seuil de pauvreté contre 13,5 % aujourd’hui et qu’un tiers supplémentaire consacrait 90% de ses revenus aux dépenses de première nécessité ? Aux USA, plus de 40 millions d’Américains vivaient sous ce même seuil sous Barack Obama. A-t-on jamais vu un journaliste du « Monde » écrire que le président américain ne nourrissait pas son peuple ?!!! La vérité est que Vladimir Poutine a fait davantage pour la réduction de la pauvreté dans son pays que n’importe lequel des dirigeants occidentaux.

Le retrait de l’Etat russe du secteur de la santé sous Eltsine, doublé de l’appauvrissement dramatique de la population, eu pour conséquence une surmortalité estimée à plusieurs millions de personnes sur la décennie où Boris Elstine exerça le pouvoir. L’espérance de vie chuta de six ans. La natalité s’effondra. La Russie était à genoux. Toute la popularité de Vladimir Poutine tient au fait qu’il a su redresser la barre du navire dans la tempête. Le chômage s’est contracté de 13% à 5%. L’inflation est passée de 36% à 2%, la dette de la Russie est de seulement 15,7% du PIB contre près de 97 % pour la France, etc…, etc… Alors oui tout n’est pas rose. Vladimir Poutine a notamment échoué dans sa tentative de diversifier l’économie russe qui est trop dépendante des matières premières pour sa richesse. Mais le peuple russe sait pertinemment pourquoi il vote pour Poutine. Il n’a pas oublié la situation désastreuse de l’économie russe lorsque Poutine est arrivé au pouvoir. Il lui sait gré d’avoir redressé cette situation et d’avoir stabilisé l’économie du pays.

Cliquez sur le lien pour agrandir l’image

Cliquez sur le lien pour agrandir l’image

Quant aux oligarques, ils régnaient en maître sur le pays à l’arrivée de Vladimir Poutine. Avec la bénédiction des Occidentaux. Pourtant, ces oligarques ont littéralement pillé l’économie russe. Ils se sont servis à ne plus en pouvoir. Bien des oligarques auraient été mis en prison si ils avaient fait la même chose dans les démocraties européennes. La puissance publique était quasiment passée sous le contrôle des intérêts privés. Ils contrôlaient la quasi totalité des différents secteurs économiques. Ils contrôlaient la plupart des médias. Mais lorsque Poutine a décidé de rétablir l’autorité du pouvoir et qu’il a commencé à faire le ménage auprès de ces oligarques, il fut accusé par l’Occident de… dérive autoritaire. Il est fascinant d’observer comment l’Occident et ses médias ont toujours pris la défense de ces oligarques qui n’étaient que des prédateurs délinquants. Des mafieux. En revanche, aux yeux de la majorité des Russes, Vladimir Poutine est l’homme de la reconstruction de l’État, du retour à la croissance et de l’émancipation de la Russie de la tutelle américaine qui s’exerçait sans limite sous Boris Elstine. « Boris Eltsine s’était entouré d’oligarques qui pompaient le pays sans payer d’impôts » avait parfaitement résumé au Figaro Vladimir Barychov, un médecin russe, qui reconnaissait au président Poutine le mérite de s’être attaqué aux connivences entre pouvoir et milliardaires dès son arrivée au Kremlin en 2000. Mais l’Occident ne lui a jamais pardonné cela. Il ne lui a jamais pardonné d’avoir redressé la puissance russe. La rédaction du journal « Le Monde » non plus apparemment. Au point d’écrire n’importe quoi. Journal détenu, au passage, par l’homme d’affaires Xavier Niel, milliardaire, et Matthieu Pigasse, banquier et millionnaire. En Russie on appellerait sans doute cela des oligarques…

D.B.

NDLR :

– Xavier Niel est condamné le 27 octobre 2006 à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à 250 000 euros d’amende par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour recel d’abus de biens sociaux datant de 2001 à 2004 dans un « peep-show » dont il était actionnaire. La somme perçue sur trois ans avoisine les 200 000 euros. En novembre 2017, le nom de Xavier Niel est évoqué dans l’affaire des Paradise Papers, pour avoir eu recours à une mécanique d’optimisation fiscale permise par l’île de Malte et permettant d’éviter de payer la TVA sur son yacht le Phocea. En 2016, il est, selon Forbes, la 129e fortune mondiale avec un patrimoine de 9,7 milliards de dollars (± 9 milliards d’euros). C’est également la neuvième fortune de France en 2014 d’après Challenges, septième d’après Forbes en 2016. Il soutient Emmanuel Macron depuis le lancement de son mouvement En marche !

Source : Wikipedia

– Matthieu Pigasse, sur les conseils d’Alain Minc, est recruté à la banque Lazard en 2002 comme associé-gérant. Il prend la tête de l’activité « conseil aux gouvernements » en 2003, devient en 2005 directeur du marketing et vice-président de Lazard Europe puis codirecteur général délégué de Lazard France en septembre 2009. En avril 2010, il est nommé seul dirigeant de Lazard en France et responsable mondial des activités de fusions et acquisitions de Lazard en avril 2015. Il fait partie des banquiers d’affaires les plus actifs en Europe. Il est membre du conseil d’administration de la Fondation Jean-Jaurès, think tank du parti socialiste, ainsi que de la fondation pro-européenne EuropaNova. En 2011, sa fortune est estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Source : Wikipedia

Publicités


Catégories :Russie

%d blogueurs aiment cette page :