Israël, les réfugiés ou le double standard moraliste de certains intellectuels juifs

A la suite de la « marche du retour » organisée vendredi dans l’enclave de Gaza par différentes organisations palestiniennes, des affrontements ont éclaté entre les manifestants palestiniens et les soldats de l’armée israélienne. Seize Palestiniens ont trouvé la mort sous les balles des tireurs d’élite de Tsahal. Le bilan est lourd et peut paraître disproportionné si on considère ce qui vient de se passer comme une simple manifestation de colère. Mais cela va bien au-delà, nous sommes dans le symbole et dans cette région nous savons à quel point cela est important.

Les organisateurs de cette marche ont voulu remettre sous les feux de l’actualité une question particulièrement sensible : celle du « droit au retour » des réfugiés palestiniens et particulièrement ceux qui vivent dans la Bande de Gaza. La population y est composée aux deux tiers de descendants de réfugiés. Pour les dirigeants israéliens cette question est une ligne rouge. Ils considèrent qu’un tel droit au retour verrait affluer cinq millions de Palestiniens en Israël balayant d’un seul coup le caractère juif de l’Etat hébreu. Je peux parfaitement comprendre le point de vue des autorités israéliennes. En revanche, j’ai davantage de mal à comprendre celui de certains intellectuels juifs français. Prenons deux exemples.

Le CRIF s’oppose au droit au retour des Palestiniens. En revanche, il a pris position en faveur de la barrière de sécurité israélienne édifiée entre Israël et les Territoires palestiniens. Là où cela ne manque pas de piquant c’est lorsque le même CRIF appelle les gouvernants européens à traiter avec « humanité et compassion » la question des centaines de milliers de migrants qui tentent de pénétrer en Europe. Sur son site on trouve des articles prônant l’accueil des migrants et même un article demandant à ce que l’on en finisse avec « les fantasmes d’invasion » concernant la question de ces mêmes migrants (ici). Donc, pour résumer, d’un côté le refus du droit au retour pour les réfugiés palestiniens et construction d’une barrière et de l’autre accueil des migrants et frontières ouvertes. J’aimerai comprendre ce double standard messieurs du CRIF. Hypocrisie ? Cynisme ?

Jacques Attali est plus subtil. Il n’hésite pas à prendre position en faveur de la création d’un Etat palestinien. Il ajoute que cet Etat doit être viable ce qui sous-entend qu’il demande la fin de la politique de colonisation en Cisjordanie. Mais pourquoi cet engagement ? Il suffit de le lire : « en rendant impossible la création d’un Etat palestinien viable, les Israéliens conduiront peu à peu les Palestiniens à revenir à leur revendication de 1947 : deux peuples dans un seul Etat. » (ici). Ce qui pour l’auteur conduira inéluctablement à « la palestinisation d’Israël », au regard des projections démographiques, et, au final, au départ des Juifs. Une sorte de Grand Remplacement qui ne dit pas son nom. Ainsi, l’altruisme de Jacques Attali n’est pas désintéressé. L’Etat palestinien étant nécessaire à la sauvegarde de l’identité juive de l’Etat israélien. Pourtant, c’est le même qui semble appeler de ses voeux le « grand remplacement » en Europe comme on peut le constater dans cette vidéo.

C’est encore le même qui qualifiait la France « d’hôtel »(ici). Simple question à monsieur Jacques Attali. Pourquoi la France, et l’Europe en générale, serait inscrite sur Trivago et pas Israël ?

D.B.

Publicités


Catégories :France

%d blogueurs aiment cette page :