« Hé Erdogan, tu t’es regardé dans un miroir ? »

La langue française dispose d’une expression parfaitement appropriée pour définir le numéro du président islamiste de la Turquie : « C’est l’hôpital qui se fout de la charité ». L’autocrate d’Ankara a qualifié dimanche le premier ministre israélien , Benyamin Nétanyahou, de « terroriste » et « d’envahisseur » : « Hé Nétanyahou, nous ne sommes pas frappés de la honte des envahisseurs. Vous êtes un envahisseur et vous êtes présent sur ces terres en tant qu’envahisseur. En même temps, vous êtes un terroriste ».

Apparemment, l’islamiste qui dirige la Turquie ne doit pas avoir de miroir dans sa demeure. Sinon il pourrait y apercevoir un reflet qui ressemble trait pour trait à la diatribe adressée à Benyamin Nétanyahou. Il est à la tête d’un pays qui occupe militairement avec 30.000 soldats et de manière absolument illégale le nord de Chypre. Et ce depuis 1974. À plusieurs reprises, mais en vain, le Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré illégale la partition, notamment par ses résolutions n° 367 (1975) et n° 541 (1983). La communauté internationale refuse de reconnaître le gouvernement fantoche du nord de Chypre mis en place par la Turquie. Recep Tayyip Erdogan est donc un envahisseur. Et cerise sur le gâteau, un envahisseur d’un territoire d’un pays membre d’une entité (L’UE) à laquelle la Turquie prétend adhérer !!!

Mais il n’y a pas que le nord de l’île chypriote. Recep Tayyip Erdogan a également envahi une partie du nord de la Syrie. Une première fois en août 2016 en occupant militairement la région de Djarabulus et depuis janvier 2018 en occupant le canton d’Afrine. A la différence des interventions militaires de la Russie ou de l’Iran dans ce pays, celle de la Turquie n’a pas reçu l’accord du gouvernement syrien. Là encore, Recep Tayyip Erdogan est un envahisseur.

Quant au terrorisme c’est un secret de polichinelle qu’Ankara a longtemps soutenu économiquement et militairement l’État islamique. On le sait depuis 2015 lorsqu’un raid mené par les forces spéciales américaines a permis l’élimination d’Abou Sayyaf qui était à l’époque le ministre des Finances du groupe terroriste. Les documents trouvés lors de l’opération ont clairement démontré qu’il était en relation directe avec des officiels turcs notamment pour la vente à l’Etat islamique de pétrole et de gaz provenant du marché noir. Un business qui pouvait représenter des revenus allant jusqu’à 10 millions de dollars par jour. Les documents et disques durs informatiques saisis lors du raid ont également révélé de manière indéniable les liens existant entre la Turquie et le groupe terroriste. (1)

Dans ces conditions, on comprend le silence d’Israël. Devant une telle schizophrénie, une telle indécence la meilleure réponse est encore le plus profond mépris.

D.B.

(1) Slate.fr

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Catégories :Nord de Chypre, Territoires européens sous occupation turque

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