Russie : responsable et… coupable

Après le terrible incendie qui a tué 64 personnes, dont 41 enfants, dans un supermarché en Sibérie, la population locale a exprimé sa colère en exigeant que des têtes tombent. Des milliers de manifestants ont demandé des comptes aux autorités locales en accusant notamment les services des pompiers d’incurie et de corruption et les vigiles du centre commercial d’avoir bloqué les issues de secours condamnant les victimes à mourir dans l’incendie. Vladimir Poutine a entendu la colère de la population et, pour la première fois, a sacrifié un haut fonctionnaire en exigeant la démission du gouverneur de la région de Kemerovo où s’est déroulé le drame. Ce gouverneur était pourtant en place depuis 20 ans mais la gravité de la situation exigeait qu’une tête symbolique soit coupée.

Certains médias français ont cru voir dans le geste du président russe la crainte que les manifestations fassent tâche d’huile et qu’au final on fasse porter sur le Kremlin la responsabilité de ce dramatique incendie. J’avoue ne pas très bien avoir compris la logique de ce raisonnement. Certes, certains journalistes français haïssent tellement Vladimir Poutine qu’ils sont prêts à l’accuser de tout et de n’importe quoi. Mais tout de même, en quoi l’incendie d’un centre commercial en Sibérie, aussi dramatique soit-il, serait de la responsabilité du président de la Russie ?!!!

Il est d’autant plus curieux d’entendre cette petite musique dans nos médias, lorsqu’on sait que ces mêmes médias français n’ont jamais trouvé étrange qu’après plus de 250 victimes du terrorisme islamiste en l’espace de trois ans sur le territoire national, AUCUN, je dis bien AUCUN responsable politique ou haut-fonctionnaire n’ai cru bon devoir présenter sa démission. Je n’ai pas souvenir qu’un seul média français n’ai demandé la tête d’un ministre. Et pourtant, entre l’incendie d’un centre commercial et la multiplication des attentats, dans quel cas pensez-vous que la responsabilité du pouvoir est la plus engagée ? Vladimir Poutine a cru bon de sanctionner un gouverneur devant l’émotion populaire. Certains y verront une instrumentalisation ou du populisme pour reprendre un mot à la mode. En ce qui me concerne, je vois dans l’immunité des autorités françaises une sorte de mépris et d’arrogance envers cette même émotion populaire. Le responsable mais pas coupable est toujours une tradition bien française.

D.B.

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