Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron entre recueillement indécent et réussite géopolitique

La présence du président de la République à Ouvéa pour rendre hommage à la mémoire des meurtriers de 4 gendarmes lors de l’assaut de la gendarmerie de Fayaoué le 22 avril 1988 par des indépendantistes kanaks est une véritable faute politique. Il s’est d’abord recueilli sur la stèle commémorative en hommage aux six militaires tués dans les affrontements (les 4 gendarmes assassinés dans la gendarmerie et les 2 parachutistes tués dans l’opération de libération des otages détenus par les indépendantistes kanaks). Ensuite, il s’est rendu à la chefferie de Wadrillah pour rendre hommage aux 19 indépendantistes kanaks tués dans les affrontements lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa où, rappelons-le, était détenu une vingtaine d’otages.

Certes, il a refusé de déposer une gerbe mais il a bel et bien assisté à l’hommage auprès des familles mettant ainsi au même niveau les représentants des forces de l’ordre avec leurs meurtriers. Inadmissible. Pour justifier cette présence indécente, le pouvoir a insisté sur sa volonté d’apaisement et de réconciliation (*) à la veille d’un référendum qui doit décider du sort de la Nouvelle-Calédonie : maintien dans la République ou indépendance. Notons à ce sujet que le Président de la République a décidé d’adopter une position de neutralité plutôt curieuse puisqu’il a déclaré : « Mon rôle n’est pas de m’engager, je n’ai pas à qualifier le choix qui sera fait ». On pourrait lui rétorquer qu’aux yeux de la Constitution, que sa fonction lui impose de faire respecter, il se doit de défendre l’intégrité du territoire dont on ne saurait exclure la Nouvelle-Calédonie.

Cependant, cette erreur et cette indécision factice, Emmanuel Macron s’est dans le passé prononcé pour le maintien de l’île dans la République française, ne doivent pas éclipser une visite dans cette région du monde qui est dans l’ensemble une belle réussite. De l’Australie à la Nouvelle-Calédonie, je ne peux que partager l’objectif du Président de la République qui est de renforcer la place et le rôle de la France dans la zone indo-pacifique qui est en plein bouleversement géopolitique. Je ne peux qu’approuver sa volonté de créer et renforcer un axe Paris-New Delhi-Canberra afin de bâtir une alliance solide pour contrer l’hégémonie chinoise qui ne cesse de se renforcer et pourrait à terme menacer nos intérêts et ceux de nos alliés dans cette région. Et pour que cette stratégie réussisse il est primordial que la Nouvelle-Calédonie reste française.

D.B.

(*) La réconciliation à bon dos pour justifier l’injustifiable dans notre République. Imagine t’on dans 30 ans le lointain successeur de Macron rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo puis se recueillir ensuite sur la tombe des frères Kouachi au nom de la réconciliation ? Voilà en tout cas le début d’un scénario qui ferait une excellente suite au roman de Michel Houellebecq « Soumission ».

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