Les gentils sont à l’Ouest et les méchants à l’Est mais cela n’est pas officiellement de la propagande

Je peux comprendre que l’on s’oppose à Vladimir Poutine. Je peux comprendre que l’on n’aime pas le dirigeant. Je peux comprendre que l’on souhaite une Russie plus libérale au niveau économique et plus démocratique sur un plan politique. Mais ce que je ne peux pas comprendre c’est la mauvaise foi qui consiste à charger la Russie de Vladimir Poutine de tous les maux en matière de politique étrangère tout en exonérant l’Occident. Ainsi, dans le Figaro en date du 07 mai 2018 sous le titre « L’agressive politique extérieure russe a durablement établi une relation de défiance avec l’Occident », on peut lire un article exclusivement à charge contre la Russie. En le lisant je ne peux m’empêcher d’avoir un sentiment de révolte et d’injustice. L’état déplorable des relations entre la Russie et l’Occident serait uniquement de la faute de Moscou. Et pourtant…

Qui a trahi la parole donnée aux autorités soviétiques lors de la chute du mur de Berlin qui promettait que l’OTAN ne s’étendrait jamais aux anciens membres du Pacte de Varsovie ? Qui a bombardé la Serbie et envahi le Kosovo pour l’arracher à cette dernière sans aucune résolution de l’ONU et dans le seul but d’affaiblir l’allié de Moscou dans les Balkans ? Qui a violé la résolution de l’ONU mettant fin à cette guerre en organisant un référendum sur l’indépendance du Kosovo alors que cette résolution stipulait noir sur blanc que cette province faisait partie du territoire de la Serbie ? Est-ce l’OTAN qui s’est rapprochée des frontières de la Russie ou est-ce l’inverse ? Dans ces conditions, ne peut-on pas parler de la même manière d’une politique agressive des Occidentaux ? Russia Today est constamment accusée de relayer la propagande du pouvoir russe. Et les médias occidentaux ? Sont-ils plus objectifs ?

(Cliquez sur le symbole en bas à droite pour avoir les sous-titres en français)

A la lecture du compte rendu, dans la même édition du Figaro, des manifestations de l’opposition contre Vladimir Poutine on peut légitimement en douter. Je vous laisse apprécier la neutralité du commentaire du correspondant local du quotidien conservateur français : « À l’heure fixée pour le début du rassemblement, 14 heures, la statue de Pouchkine était encerclée par une dizaine de fanatiques du président Poutine réclamant les « pleins pouvoirs au président » et brandissant des drapeaux soviétiques. » Oui, vous avez bien lu, les partisans de Vladimir Poutine sont des… fanatiques. Pourtant, pour rendre compte de l’agression du maire de Béziers, Robert Ménard, bousculé et frappé par des sbires du parti au pouvoir, a aucun moment ce journal n’utilisera des termes identiques pour dénoncer ces individus. Que cela soit dans son édition papier ou numérique. Si les fanatiques sont à l’Est et les militants à l’Ouest on comprend mieux désormais pourquoi la politique étrangère russe est décrite comme agressive à la différence de celle de l’Occident.

D.B.

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