Italie : l’ultime espoir d’un changement pacifique ?

Pour reprendre ma comparaison avec Waterloo (ici) je me retrouve dans la position de Napoléon 1er qui découvre effaré la décision du maréchal Ney de lancer la quasi totalité de la cavalerie française sur les carrés de l’infanterie britannique sans aucune préparation d’artillerie et sans aucun renfort d’infanterie pour exploiter la percée. L’empereur s’était alors écrié, dépité, : « C’est une heure trop tôt mais il convient de soutenir ce qui vient d’être fait ». Et à contre cœur il avait envoyé dans la fournaise ce qui lui restait de cavalerie. Il va de soi que si je suis sceptique sur l’expérience italienne, le temps désormais n’est plus à la critique mais à l’action. Il faut soutenir la décision de Matteo Salvini de se lancer dans la fournaise en dépit de l’imprudence de cette décision. Il n’y a qu’à voir comment les européistes cosmopolites ont déjà engagé le fer contre cette coalition alors qu’elle n’est même pas encore au gouvernement pour savoir où se trouve mon (notre) devoir.

Nos ennemis ont déjà mobilisé leurs forces. Les spéculateurs de l’acabit de Georges Soros font dévisser la bourse de Milan tout en accroissant l’écart entre les rendements de l’obligation souveraine à 10 ans de l’Italie et de l’Allemagne. Les chiens de garde de l’oligarchie tentent d’affoler quotidiennement les populations en attaquant la coalition avant même la moindre prise de décision en présentant son programme comme l’apocalypse et en n’hésitant pas à manier l’insulte à la manière du Financial Times évoquant l’arrivée des « nouveaux barbares » ce à quoi le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a répliqué avec justesse : « Mieux vaut les barbares que les larbins qui bradent la dignité, l’avenir, les entreprises et même les frontières de l’Italie. Les Italiens d’abord ! ». Quant aux technocrates bruxellois, ils reprennent leur antienne préférée consistant à répéter que rien ne peut-être changé aux dogmes en place. Ainsi, le vice-président de la commission européenne, Valdis Dombrovskis, a déjà déclaré qu’il espérait que Rome respecte les engagements pris concernant la baisse de ses déficits et de sa dette et que toute remise en cause du pacte de stabilité n’était pas d’actualité.

La bataille qui s’annonce sera difficile. Mais elle est capitale. Nos ennemis sont impitoyables et aveugles. Que nous dit cette levée de bouclier contre les populistes italiens ? Que nos ennemis ont beau avoir acculé l’Italie à la ruine ils ne changeront pas d’un iota la trajectoire. Que nos ennemis ont beau avoir ouvert la péninsule à l’invasion et la submersion migratoire ils ne changeront pas d’un iota la trajectoire. Il ne s’agit pas d’un train fou mais bel et bien d’un train piloté par des fanatiques qui ne se remettront JAMAIS en cause préférant critiquer les peuples qui cherchent désespérément des solutions alternatives. Partout en Europe les scrutins se jouent désormais sur la crainte d’une immigration incontrôlée et d’une mondialisation sans limites. Partout en Europe la même angoisse, les mêmes cris d’alarme lancés par les populations. Mais partout la même réponse : « Rien ne doit changer ! ». Comment voulez-vous après ça que les peuples européens puissent encore croire en la démocratie si les élections ne servent à rien ? Ce gouvernement populiste est peut-être l’ultime espoir de dévier pacifiquement la trajectoire imposée par des élites sourdes et insensibles. Que cet espoir vienne à disparaître et il est à craindre que le peuple ne soit en définitive tenté de suivre des chemins moins démocratiques et bien plus violents. Qui peut avoir intérêt à cela ?

D.B.

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