Ainsi va « l’information » en France..

La UNE de l’hebdomadaire Le Point de cette semaine est un chef-d’oeuvre…. de mauvaise foi. Pour être honnête, je n’ai pas encore eu le temps de lire le dossier. Je viens de voir la couverture. Or, cette couverture sera vue par davantage de personnes que les articles contenus à l’intérieur du magazine. Le décryptage qu’en fera le quidam moyen est simple. Et c’est le but recherché. Les populistes qui veulent le pouvoir en Italie vont ruiner les épargnants français. Bouuuh tremblez braves gens.

Cette couverture est malhonnête. Car l’Italie et la France n’ont pas attendu une éventuelle prise du pouvoir par les populistes pour être ruinées. Qui est responsable des 2.300 milliards de dette pour l’Italie ? Les populistes ? Même question pour la France avec ses 2.200 milliards de dette. Qui est responsable de cette véritable mise sous tutelle de nos deux pays par les marchés financiers ? Les populistes ou bien ceux qui ont eu les manettes du pouvoir depuis 40 ans ? Si ces deux pays vivent avec une épée de Damoclès sur la tête, qui prendrait la forme d’une remontée brutale des taux d’intérêts asphyxiant nos économies, cela est le résultat de l’impéritie des gouvernements passés. La vérité aurait été de publier une couverture prévenant que nous sommes ruinés et que toute l’habileté des dirigeants passés a consisté à gagner du temps.

D’ailleurs, on peut se demander si les responsables de cette tragédie n’aspirent pas à ce que les populistes arrivent au pouvoir. Comme cela sera pratique. Comme par magie tout deviendra de leur faute. Il sera commode de charger la barque. Les médias qui, pour la plupart, sont détenus par les responsables, ou à tout le moins par ceux qui ont soutenu et inspiré cette folle politique, s’en donneront à coeur joie. C’est un peu comme si après le choc du Titanic contre l’iceberg la faute du naufrage incombait à l’équipage et non au commandant. Facile. Trop facile.

C’est pourtant cette petite musique insidieuse qui est continuellement jouée par vos médias. Ainsi dans Le Figaro du 31 mai 2018 on peut lire sous la plume de l’inénarrable correspondant du quotidien conservateur en Italie (ici) la chose suivante : « alors que la classe politique italienne se perdait en conjectures pour trouver une issue à la crise politique ouverte par le retrait de Giuseppe Conte dimanche dernier ». Faux. Archi-faux. Ce n’était pas le retrait de Giuseppe Conte qui était à l’origine de cette crise mais bel et bien le refus du Président de la République, Sergio Mattarella, de nommer au poste de ministre de l’économie la personnalité proposée par la coalition populiste. Cela peut paraître anecdotique mais cela ne l’est pas. Il s’agit toujours de présenter, l’air de rien, les événements sous un jour favorable pour les partisans d’une Europe mondialisée et cosmopolite et sous un jour défavorable pour les partisans d’une Europe identitaire. Ainsi va « l’information » en France… Mais que Le Point se rassure, à la différence des partisans fanatiques du président turc nous sommes profondément attachés à la liberté d’expression.

D.B.

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