Emmanuel Macron et Angela Merkel incarnation d’un logiciel européen périmé

Ces deux dirigeants ne savent plus où ils habitent. Ils sont désemparés à la manière de domestiques qui apprendraient que le maître de maison a claqué la porte en leur laissant la responsabilité du domaine. Devant nos yeux ils paraphrasent Louis de Funès dans « La folie des grandeurs » : « Qu’allons-nous devenir, nous sommes des laquais, nous ne savons qu’obéir ». Pendant des décennies les hôtes de la Maison Blanche avaient pris l’habitude de décider et les dirigeants européens de s’éxécuter. A quelques exceptions près, comme la France en 2003 sur la question de l’intervention en Iraq, la vassalité de l’Europe était absolue. Y compris sur des questions qui allaient à l’encontre de sa survie comme l’ouverture des négociation d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Négociations voulues et soutenues par Washington. Y compris sur des questions qui allaient à l’encontre de ses intérêts économiques et géopolitiques comme l’imposition de sanctions contre la Russie en 2014. Sanctions voulues et soutenues par Washington. Nous le savons tous, il est très difficile de se débarasser des mauvaises habitudes. Tout comme il est très difficile de s’assumer lorsqu’on a pris l’habitude de vivre comme un assisté. L’élection de Donald Trump pour les Européens offre pourtant une opportunité historique. Celle de reprendre leur destin en main. Celle d’assumer, enfin, leur statut de puissance à part entière. La politique extérieur du fantasque président américain, mélange détonant de nationalisme, d’isolationisme et d’unilatéralisme permet aux dirigeants européens des marges de manoeuvre qui n’existaient pas pour leurs prédécesseurs. Face à ses alliés estomaqués Donald Trump n’a de cesse de leur dire : « Un pour tous et chacun pour soi, que le meilleur gagne ». Mais il ne s’est trouvé personne en face pour lui rétorquer : « Chiche ! ». Que cela soit sur l’Iran, la guerre commerciale ou l’attitude envers la Russie, l’Europe doit s’émanciper et rendre coup pour coup. A « l’America First » devrait répondre « l’Europa First ». Mais si l’opinion publique européenne semble prête, ce n’est pas le cas de ses dirigeants.

Dans un précédent article (ici) je faisais le pari que les protestations européennes contre la décision de Donald Trump de torpiller l’accord sur le nucléaire iranien n’iraient pas au-delà des rodomontades médiatiques habituelles. J’avais également dénoncé la couardise d’Emmanuel Macron (ici) qui a littéralement abandonné les entreprises européennes face aux sanctions unilatérales américaines : « Nous n’allons pas enclencher une guerre stratégico-commerciale avec les Etats-Unis sur le cas de l’Iran. On ne va pas sanctionner des entreprises américaines pour répondre sur ce sujet, çà n’aurait pas de sens. C’est aux entreprises de décider ». Et on a vu le résultat ! Rien que pour la France Total et PSA ont du stopper leurs relations commerciales avec l’Iran au grand bénéfice notamment des entreprises chinoises. Puis est venu le temps des taxations contre l’aluminium et l’acier européen. Et avec lui le retour des véilléités européennes. Beaucoup de discussions, ça pour causer ils causent, mais au final peu de décision. Ils font semblant de s’opposer à Donald Trump en déposant une plainte devant l’OMC (Organisation du Commerce Mondial), autant dire qu’il y aura peut-être une décision d’ici 10 ans, au lieu de prendre des mesures unilatérales et immédiates, seul langage entendu et respecté par le leader américain. Mais le plus étonnant, le plus incompréhensible, est l’attitude des Européens face à la Russie. Il y a peine 15 jours Emmanuel Macron, en visite en Russie, faisait une déclaration inattendue permettant tous les espoirs (ici). Il affirmait : « Les Russes sont Européens. je tiens à cet ancrage européen de la Russie ». Il laissait même entrevoir, dans un futur lointain, une éventuelle adhésion de la Russie à l’Union européenne. Allions-nous enfin voir l’Europe défendre prioritairement ses intérêts géopolitiques au détriment de son ancienne vassalité atlantique ? Las, sans doute ne fallait-il y voir qu’un effet de communication dont est si friand le président français.

Car c’est finalement Donald Trump qui a dit « Chiche ! » aux Européens. Et ces derniers se sont lâchement dérobés devant l’obstacle. La peur du vide et du saut dans l’inconnu ? « Ô maître mais que se passe-t-il. Nous avons sanctionné la Russie comme vous nous l’aviez demandé et maintenant vous nous demandez de la réintégrer dans le concert des nations. Nous ne comprenons plus ». La France a en effet réagi à la proposition américaine en faisant savoir que la recommandation de Donald Trump de réintégrer la Russie dans le G7 n’était pas… «cohérente». Evidemment, il est bien plus cohérent de dire deux semaines auparavant que « Les Russes sont Européens. je tiens à cet ancrage européen de la Russie » pour ensuite refuser le retour de ce même pays au sein du G7 !!! En vérité, Emmanuel Macron et Angela Merkel sont perdus et isolés. Perdus, car ils ne savent pas comment réagir face à un président américain qui petit à petit se détourne des Européens et leur dit à la manière d’une maman canne à ses petits : « Allez, il est temps pour vous de prendre votre indépendance et de vous débrouiller ». Isolés, car ils sont les gardiens d’une conception ancienne et dépassée de l’Union européenne. Leur logiciel est périmé. C’est le logiciel de la vieille Europe. Devant les périls qui assaillent notre continent une nouvelle Europe est en train de voir le jour. De plus en plus de peuples européens comprennent qu’il est plus prudent de confier leur destin entre les mains des populistes et des identitaires. Reste à ces derniers de passer de la parole aux actes et d’engager un processus de rapprochement et d’alliance entre la nouvelle Europe et la Russie. Et le temps presse. Au moment même ou les nains européens refusaient de saisir une opportunité historique au sommet du G7 au Canada, Vladimir Poutine déclarait en compagnie du président chinois : « Nous avons parlé de l’interaction future entre la Chine et l’Union économique eurasienne. Nous sommes résolus à continuer de travailler ensemble pour promouvoir et aligner les processus d’intégration en Eurasie, en particulier avec l’initiative de l’Union économique eurasienne et de la ceinture économique de la route de la soie en Chine, qui devrait aboutir au développement d’un partenariat eurasien supérieur ». Est-il vraiment dans l’intérêt des Européens de pousser Moscou dans les bras de Pékin ? Il est urgent de changer de logiciel.

D.B.

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Catégories :Allemagne, France, Union européenne

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