Le gouvernement italien remet vertement à sa place le président français sur la question des clandestins

Ce mardi 12 juin, après le refus de l’Italie d’ouvrir ses ports au bateau Aquarius, avec 629 migrants à bord, Emmanuel Macron a dénoncé, par le biais du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ». Le chef de l’Etat a également rappelé « le droit maritime » qui indique « qu’en cas de détresse, ce soit la côte la plus proche qui assume la responsabilité de l’accueil ». « Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster » dans Hexagone, car « c’est le respect du droit international », a ajouté le président, saluant le courage de l’Espagne qui a décidé d’accueillir le bateau. La réponse du gouvernement italien ne s’est pas fait attendre.

« La France repousse quotidiennement les migrants à Vintimille », sur la frontière franco-italienne, a fustigé sur son compte Facebook le vice-Premier ministre italien du Développement économique Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème). Et d’ajouter : « La France et l’Espagne ont fermé leurs ports depuis longtemps (…) Il est embarrassant que des représentants de ces pays viennent faire la morale seulement parce que nous demandons à tous nos partenaires européens de partager avec l’Italie les droits, les devoirs et la solidarité ».

De son côté, l’autre vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, a dénoncé les « leçons » françaises. « Le pays le plus en tort par rapport à nous, c’est la France, qui n’a pris jusqu’à présent que 640 migrants quand elle s’était engagée pour 9.610 personnes », a-t-il affirmé lors d’une émission de télévision. « Au président français je dis, ‘Emmanuel, si tu as le cœur aussi gros que tu le dis, demain nous te donnerons les 9.000 migrants que tu t’étais engagé à prendre’ », a-t-il glissé. « Vu qu’ils nous donnent des leçons, que les Français se prennent aussi cella-là, de leçon », a encore ajouté le patron de la Ligue (extrême droite) et ministre de l’Intérieur de l’Italie.

In fine, Emmanuel Macron s’est fait recadrer par la présidence du Conseil italien. « Les déclarations concernant (le navire humanitaire) Aquarius qui proviennent de la France sont surprenantes », indique le Conseil dans une note, soulignant le fait que « l’Italie ne peut accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner la tête en matière d’immigration ». « Le gouvernement italien n’a jamais abandonné ou laissé seules les presque 700 personnes à bord de l’Aquarius », affirme encore cette note.

Après avoir pris acte de ce refus de la part des autorités maltaises, « nous avons reçu un geste inédit de solidarité de la part de l’Espagne ». « Ce même geste n’est pas arrivé de la France, qui de plus a adopté à maintes reprises des politiques bien plus rigides et cyniques en matière d’accueil » des migrants, conclut le Conseil.

Source : Valeurs actuelles

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