Union européenne : l’instinct de survie sera-t-il le plus fort ?

En l’espace de 48 heures les représentants de la vieille Europe se sont fait remettre en place par les partisans de la nouvelle Europe. Cette situation inédite vient confirmer mon intuition (ici) concernant l’inadéquation du logiciel des européistes mondialistes. Ceux qui ne veulent pas mourir en se laissant entraîner dans un suicide collectif commencent à se révolter ouvertement. Et le basculement de l’Italie pourrait bien s’avérer décisif. Jusqu’alors, la révolte ne concernait que des « petits » pays. Sans que cela soit péjoratif, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque ou l’Autriche n’avaient pas le poids politique, symbolique et institutionnel que peut avoir l’Italie. Leurs attaques contre les puissances que sont la France et l’Allemagne, partisantes acharnées d’une politique d’ouverture des frontières, pouvaient s’apparenter à des piqûres de moustiques et ne déstabilisaient aucunement l’équilibre des forces.

Mais avec le passage de l’Italie dans le camp des identitaires, la situation semble évoluer à grande vitesse. Dorénavant la langue de bois semble abandonnée. Il en va de même pour une forme de complexe d’infériorité qui faisait que les « petits » acceptaient les réprimandes de l’Allemagne et de la France sans répliquer ouvertement. L’Italie montre l’exemple. En répliquant aux critiques du président français sur la décision de l’Italie de refuser d’accueillir le bateau transportant des clandestins, Matteo Salvini s’est publiquement foutu de la gueule d’Emmanuel Macron en lui demandant de faire preuve de « générosité » dans l’accueil des migrants, jugeant que la France n’avait pas respecté ses engagements en la matière. Cette attitude tranche avec les habitudes. En convoquant l’ambassadeur français à Rome pour lui demander des explications et en exigeant des excuses du gouvernement français sous peine d’annuler une rencontre avec le président français, les autorités italiennes signifient que les règles viennent de changer. Fini la contrition, fini la servitude, fini l’allégeance.

L’exemple italien donne du courage à tous ceux qui ne veulent pas participer au suicide collectif que proposent les européistes cosmopolites. Ainsi le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, vient d’entrer ouvertement en révolte contre la chancelière Angela Merkel. Il souhaite refouler à la frontière tout demandeur d’asile ne disposant pas de papiers. Une mesure qu’Angela Merkel juge comme une infraction au droit et aux principes européens. Face à l’opposition de la chancelière, Horst Seehofer a annulé sa participation à une réunion sur l’intégration des migrants présidée mercredi par cette dernière. Et il en a profité le jour même pour annoncer la création d’un axe entre les ministres autrichien, allemand et italien de l’Intérieur pour lutter contre l’immigration illégale. C’est un véritable coup de force. Une véritable fronde qui pourrait ouvrir une crise gouvernementale à Berlin. A l’heure où j’écris ces lignes je n’en sais pas plus. Difficile de dire ce qui va se passer mais nous vivons des heures passionnantes. Des heures peut-être décisives pour l’avenir de l’Europe. Le temps de l’idéologie mondialiste, libertaire et cosmopolite semble compté.

D.B.

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Catégories :Allemagne, Italie, Union européenne

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