Le temps est venu pour les lépreux de chasser les pestiférés

Nous n’oublierons pas. Mais il ne faut surtout pas tomber dans le piège grossier tendu par Emmanuel Macron. Celui de la provocation qui entraîne la surenchère. Le président français, et surtout ceux qui le soutiennent, paniquent devant l’effondrement de leur monde. Ils paniquent à l’idée que le pilier du projet des européistes cosmopolites puisse s’effondrer à Berlin d’ici quelques semaines. Ils paniquent parce que les lépreux gagnent du terrain dans toute l’Europe. Ils paniquent parce que les européistes cosmopolites sont devenus des pestiférés auprès des peuples européens. Ces derniers n’en veulent plus. Ils cherchent par tous les moyens à s’en débarrasser. Alors les pestiférés se réfugient dans l’invective, l’insulte, le mépris comme on a pu s’en apercoir au moment de la constitution d’un gouvernement de lépreux en Italie. Dans ces conditions, il convient de garder son sang-froid. C’est la meilleure réponse que les lépreux peuvent adresser aux pestiférés.

Angela Merkel ne tombera peut-être pas. Il est possible que le courage manque à la CSU pour franchir ce rubicon des temps modernes. Mais j’ai presque envie de dire que cela importe peu. La statue du commandeur qu’elle incarnait est déjà considérablement abimée, ébranlée, fissurée. Il n’y a qu’à voir comment le groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque) vient d’envoyer la chancelière et le président français sur les roses en refusant purement et simplement d’assister au mini sommet européen de dimanche consacré à l’immigration et qui doit préparer le « grand » sommet européen des 28 et 29 juin. Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a justifié cette absence par une phrase lapidaire : « Le mini-sommet de dimanche est inacceptable, nous n’allons pas y participer, ils veulent réchauffer une ancienne proposition que nous avons déjà refusée». Une fin de non-recevoir. Un véritable camouflet. Mais il y a une seconde raison à ce refus. Ce mini sommet est interprété par ces pays comme une manifestation de soutien politique à la chancelière allemande Angela Merkel confrontée à la fronde de la CSU. Il est donc permis de voir dans cette gifle diplomatique un encouragement adressé à la CSU afin qu’elle mette fin à la carrière politique d’Angela Merkel. De là à y voir une sainte alliance des lépreux contre les pestiférés il n’y a qu’un pas. D’où la colère des pestiférés.

Si l’on en croit l’ultimatum de la CSU, l’avenir politique de la chancelière Angela Merkel dépend de sa capacité à trouver des solutions à la crise migratoire en Europe durant le sommet européen des 28 et 29 juin. Crise qu’elle a amplement contribué à provoquer. Mais les lépreux n’ont aucune raison de faire un cadeau aux pestiférés dans les prochains jours. Je ne vois pas les lépreux du groupe de Visegrad reculer. Le chancelier autrichien, autre lépreux, compte bien y faire entendre son opinion : « Nous avons atteint un point où les orientations de la plupart des pays vont dans la bonne direction, où la plupart sont d’accord sur le fait que des frontières extérieures ouvertes n’est pas la bonne solution ». Et je ne vois pas les lépreux d’Italie, de Bulgarie ou du Danemark tendre la main aux pestiférés. Quant aux lépreux de Grande Bretagne ils ont tourné le dos aux pestiférés depuis longtemps en dépit du chantage exercé contre eux. Le temps est venu pour les lépreux de s’emparer du magistère de l’action, de l’offensive et de l’audace en laissant aux pestiférés le magistère de la parole, des insultes et des menaces. L’arme des faibles.

D.B.

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Catégories :France, Union européenne

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