Le danger d’un vrai-faux Brexit

Un proverbe célèbre proclame : « Lorsque le vin est tiré, il faut le boire ! ». Et bien c’est à peu près la même chose avec le Brexit. Les partisans du maintien du Royaume uni dans l’Union européenne n’ont jamais accepté leur défaite. Depuis deux ans ils ont tenté toutes les manoeuvres, toutes les procédures dilatoires pour ralentir si ce n’est empêcher la sortie du royaume de l’UE. Ils ont échoué. Toutes les étapes ont été franchies. Tous les obstacles ont été contournés. « Caramba, encore raté ! » a été en quelque sorte le leitmotiv des opposants au Brexit durant ces deux années.

Il leur reste cependant une arme. Celle de la dilution. Réussir à convaincre le Premier ministre, Theresa May, de sortir de l’Union européenne tout en maintenant un maximum de liens avec Bruxelles, ses lois, ses accords etc… Bref, diluer l’impact et l’esprit du Brexit en maintenant un cordon plus ou moins contraignant avec les règles communautaires. Cela serait une erreur tragique. Si le Royaume uni veut pouvoir bénéficier des avantages du Brexit, il faut que celui-ci soit complet. Sans aucune demi-mesure. C’est la condition sine qua non pour tirer profit d’une rupture avec Bruxelles.

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, a senti le piège et a mis en garde Theresa May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays « a moitié dans et à moitié hors » de l’UE, « contraint d’obéir aux règles européennes », dans une tribune publiée par le journal The Sun. Un tel accord serait catastrophique. Il priverait le pays des avantages d’une sortie de l’Union Européenne tout en le privant des avantages d’être vraiment dans l’UE. Bref, cela serait pour Londres du « perdant-perdant ».

C’est exactement ce que recherche les opposants au Brexit. Ils auront beau jeu ensuite de se retourner vers l’opinion publique en déclarant que le Brexit est un échec. Il ne faut pas tomber dans ce piège en dépit des pressions ou du chantage comme on peut le voir à l’oeuvre avec Airbus. Bien entendu que le Brexit aura des inconvénients. C’est une évidence. Notamment au niveau économique. Mais pour pouvoir bénéficier de ses avantages encore faut-il l’assumer pleinement. Retrouver le contrôle de ses frontières ; retrouver sa souveraineté ; retrouver sa capacité d’agir librement ne pourra se faire qu’en coupant pleinement les liens tissés avec Bruxelles. Et c’était bien là le but recherché par ceux qui ont voté pour le Brexit. Car si on peut toujours se remettre d’une crise économique ou financière, on ne se remet jamais de la disparition de son identité.

D.B.

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Catégories :Royaume Uni, Union européenne

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