Allemagne : nouvel ultimatum dans la guerre de la CSU contre la CDU

Le ministre de l’Intérieur est prêt à retirer sa démission du gouvernement mais donne trois jours à Angela Merkel pour infléchir sa position sur la loi qu’il souhaite adopter, permettant de reconduire à la frontière les demandeurs d’asile enregistrés dans un autre État membre de l’UE.

Le psychodrame politique allemand vire au théâtre bavarois. Après avoir annoncé dimanche soir son intention de quitter le gouvernement, pour marquer sa désapprobation envers la politique migratoire d’Angela Merkel, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a fait savoir dans la nuit qu’il était prêt à retirer sa démission. Le président de la CSU fixe un nouvel ultimatum de trois jours à la chancelière Angela Merkel avant de mettre sa menace à exécution. «C’est une concession de ma part», a-t-il déclaré en souhaitant discuter lundi avec la CDU, le grand frère politique de la CSU, pour «parvenir à s’entendre».

À cette heure de la nuit, Angela Merkel et les autres responsables du parti chrétien-démocrate étaient déjà partis se coucher. Toute la journée, ils avaient discuté à Berlin d’une possible rupture avec la CSU. Les Bavarois réclament un tournant dans la politique d‘asile. Le bras de fer s’est cristallisé autour d’une mesure que Horst Seehofer souhaite adopter, permettant de reconduire à la frontière les demandeurs d’asile enregistrés dans un autre État membre. Mais Angela Merkel refuse toute décision unilatérale de l’Allemagne qui pourrait déstabiliser ses voisins. Sa position a été confirmée par la direction de la CDU à la quasi-unanimité. Pour elle, le compromis adopté par le Conseil européen vendredi aura par ailleurs «des effets équivalents» même si l’Europe «est plus lente» à agir.

Horst Seehofer n’était pas de cet avis. Il a jugé insuffisantes les propositions européennes. Mais pour ne pas faire chuter la coalition gouvernementale dès dimanche ni renoncer formellement à ses positions, le président de la CSU a proposé de se retirer. «C’est une décision que je ne peux pas accepter», a déclaré le patron des députés bavarois Alexander Dobrindt. La direction de la CSU a alors cherché à la retenir. Pour Horst Seehofer, contesté dans son parti, c’est une satisfaction personnelle qu’il recherchait peut-être.

La CSU est divisée dans sa stratégie anti-Merkel. Une partie des responsables s’inquiètent d’une escalade avec la CDU qui ne pourra que nuire au parti si au bout du compte les chrétiens-démocrates décidaient de présenter des candidats en Bavière. Mais d’autres, notamment le ministre président du Land Markus Söder, plaident pour une ligne intransigeante. «Il faut faire ce qui est juste», a réclamé celui-ci dimanche soir en souhaitant demeurer ferme sur ses principes. Horst Seehofer est attendu à 17 heures à Berlin. Personne n’ose dire que ce sera le dernier acte de la pièce.

Source : Le Figaro

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