Jamais l’avenir des Européens n’a eu à dépendre d’aussi peu

La roublardise, le mensonge, la manipulation, l’hypocrisie voici les dernières armes des européistes cosmopolites. Dès le début, j’ai écrit que « l’accord » sur la crise migratoire qu’Emmanuel Macron proclamait avoir arraché (ici) lors du sommet européen des 28 et 29 juin n’était qu’une immense supercherie. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour s’apercevoir que ce prétendu « accord » ne reposait sur rien si ce n’est un formidable malentendu. Samedi matin Agela Merkel annonçait fièrement que quatorze Etats membres de l’Union européenne, dont la France, s’étaient dits prêts à signer des accords avec Berlin pour prendre en charge des réfugiés arrivés en Allemagne après avoir été enregistrés dans des pays tiers. Cette annonce de la chancelière était présenté comme la réponse à l’ultimatum de la CSU. Mais dans la journée de samedi, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque démentaient catégoriquement les assertions de la chancelière allemande qui prétendait avoir conclu avec ces pays des accords pour reprendre des migrants enregistrés chez eux mais présents sur le sol allemand. Encore un mensonge. Un de plus. La même roublardise et la même hypocrisie règnent à l’Elysée. Régulièrement Emmanuel Macron dit tout et son contraire sur la politique migratoire. Là encore il s’agit de gagner du temps en faisant croire à l’opinion publique française, exaspérée par la crise migratoire, que les autorités agissent alors qu’en réalité au mieux elles ne font rien, au pire elles organisent et accentuent le problème migratoire.

Car le sommet européen dans l’esprit des européistes cosmopolites ne devait pas servir à résoudre le problème migratoire. Il devait permettre de sauver le soldat Merkel. Pour cela ils ont laissé croire qu’ils cédaient du terrain en faisant mine de satisfaire tout le monde ce qui revenait à ne satisfaire personne. Cette formidable opération d’intoxication devant donner l’illusion aux Allemands que la chancelière avait obtenu satisfaction sur les revendications de la CSU permettant ainsi son maintien au pouvoir. Mais le ministre allemand de l’intérieur a parfaitement compris l’escroquerie. Dès dimanche matin il annonçait que le compromis sur l’asile ne répondait pas à l’enjeu : «Je me déplace à Berlin et la chancelière ne bouge pas d’un centimètre» qualifiant son entretien la veille avec Angela Merkel de «vain». Estimant avoir échoué à convaincre Angela Merkel de sécuriser les frontières allemandes il en a tiré logiquement la conclusion et conformément à ses convictions et à ses engagements il a présenté sa démission. De son côté Angela Merkel a obtenu dimanche soir à Berlin le soutien quasi-unanime des instances dirigeantes de son parti CDU. Elles ont dans une motion refusée toute décision « unilatérale » nationale pour refouler les migrants et soutenu les efforts de la chancelière de négocier des solutions européennes sur la politique d’asile. Ce faisant, ce parti n’est plus un parti de droite. Il s’agit d’un parti d’européistes cosmopolites trahissant les intérêts de leur patrie ainsi que l’identité et la civilisation européenne.

Ce petit jeu de l’enfumage permanent va-t-il enfin être mis à mal avec la décision du ministre allemand de l’Intérieur de démissionner ? Ce matin le toujours ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, a adressé un nouvel ultimatum de trois jours à Angela Merkel pour infléchir sa position sur la loi qu’il souhaite adopter, permettant de reconduire à la frontière les demandeurs d’asile enregistrés dans un autre État membre de l’UE. En vérité ce délai est le fruit des divisions internes de la CSU entre les partisans d’une rupture avec la CDU et les partisans du maintien de la coalition avec le grand parti frère. Qui va l’emporter ? Wait and see…Il est à la fois passionnant et terrifiant de savoir que l’avenir de l’Allemagne et de la civilisation européenne dépendent du courage ou de la lâcheté de quelques dizaines de caciques conservateurs bourgeois qui auront à trancher pour savoir si la sauvegarde de leurs petits intérêts matériels et carriéristes sont plus importants que la sauvegarde d’un héritage européen multiséculaire. Pour paraphraser le grand Winston Churchill on peut dire ce matin que « Jamais l’avenir des Européens n’a eu à dépendre d’aussi peu ».

D.B.

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Catégories :Allemagne, Union européenne

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